La VIP'art


 

Bienvenue, chers lecteurs, dans la chronique culturelle de la VIPère ! Chaque mois, explorons ensemble un motif, une œuvre, un.e artiste, ou un courant, en rapport avec les valeurs, l'histoire ou les attributs de Serpentard. En ce mois de novembre, pour explorer ensemble le thème de la renaissance, je vous propose de découvrir ensemble un ouvrage majeur de la Renaissance : Le Prince de Machiavel !

Né en 1469 à Florence et mort en 1527, toujours à Florence, Nicolas Machiavel (ou, si vous voulez paraître savant pendant un dîner, Niccolò di Bernardo dei Machiavelli) est un théoricien politique qui a, pendant des années, été secrétaire de la chancellerie de... Florence. (C'est bien, y en a qui suivent.) Ce poste l'a amené à effectuer des missions diplomatiques en Europe. Malheureusement pour lui, en 1512, les Médicis reviennent au pouvoir à Florence et un complot contre eux est mis à jour : Machiavel se retrouve en prison. Là-bas, il se met à rédiger Le Prince, un ouvrage politique qu'il destine à Laurent II de Médicis.

A l'époque, le livre fait scandale, et est même banni par les autorités religieuses. Pourquoi ? Parce que le principe du livre est simple : expliquer comment prendre le pouvoir et le maintenir, peu importe si cela implique d'effectuer des actions amorales. Loin des ouvrages politiques qui l'avaient précédé et qui exhortaient les dirigeants à faire preuve de vertu et de sagesse, Le Prince de Machiavel faisait preuve d'un pragmatisme cynique qui se fondait sur la réalité des faits politiques. La morale s'efface, seule compte le résultat concret, efficace.

Une des citations les plus explicites du livre est la suivante :
 

Vous devez donc savoir qu'il y a deux manières de combattre, l'une avec les lois, l'autre avec la force. La première est propre aux hommes, l'autre nous est commune avec les bêtes ; mais lorsque les lois sont impuissantes, il faut bien recourir à la force ; un prince doit savoir combattre avec ces deux espèces d'armes.


La suite de la citation fait d'ailleurs référence à Chiron, le plus sage des Centaures de la mythologie grecque qui, mi-homme, mi-bête, était devenu le précepteur de nombreux héros et princes. Et, tel cette illustre figure, Machiavel se veut instructeur des puissants.

Comment prendre le pouvoir - et surtout, comme le conserver. Je l'ai dit, voilà tout le cœur de l'ouvrage de Machiavel, et ses méthodes, si souvent décriées, ont été retenues sous le nom de machiavélisme. Pourtant, si on peut lui reprocher parfois un certain cynisme, Machiavel ne fait pas montre de tous les vices qu'on lui impute. Pour lui, tout pouvoir doit trouver son équilibre entre la réalité des faits, du contexte auquel il fait face, et la virtù, concept latin rassemblant à la fois intelligence stratégique, bravoure et opiniâtreté, et qualité permettant de s'adapter au réel pour toujours en triompher.

Une leçon qui doit, j'en suis sûre, intéresser plus d'un Serpentard... Mais si vous devez retenir une chose, c'est la suivante : Machiavel ne prône pas l'immoralité. La fin ne justifie pas tous les moyens - et toutes les fins ne sont pas justifiées. La quête du Prince reste finalement la stabilité politique, la dignité d'un état, et le bien commun. A garder en tête le jour où vous trônerez au sommet du monde !

 

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