Le cinéma a toujours été un outil utilisé pour véhiculer des idées et des messages. Au temps des grands régimes totalitaires, plusieurs films de propagande ont permis de montrer le bon côté de ces régimes. Je ne vais pas parler de ceux là mais plutôt des films qui dénoncent la propagande, qui s’en moquent ou tout simplement qui montrent ses limites. Allez, sortez le popcorn et bonnes séances.
Le Dictateur
Ce classique de Charlie Chaplin est sorti en 1940, donc en pleine Seconde Guerre Mondiale. Dans un pays fictif, inspiré de l’Allemagne, un dictateur persécute les juifs. Un des persécutés tentera malgré lui de resister. C’est ainsi que derrière la comédie et la moquerie, Chaplin dénonce la guerre en Europe, l’Allemagne nazie et les dangers du totalitarisme. C’est un classique de Chaplin, un classique du cinéma et même pour certains un chef d’oeuvre que je vous recommande vivement de regarder.
Z
Ce film français de Costa Gavras s’inspire de la dictature des colonels en Grèce dans les années 60-70. Yves Montand incarne le chef de l’opposition à un régime fasciste. Confronté à des menaces et des contre-manifestations, il est battu à mort par un militant fasciste. Le gouvernement déclare sa mort accidentelle. Un juge d’instruction, interprété par Jean-Louis Trintignant, doit faire éclater la vérité sur cette enquête, ébranlant le régime en place mais aussi mettant la lumière sur les dysfonctionnements du système. Un film politique dans toute sa splendeur, qui a notamment remporté l’oscar du meilleur film étranger, et dont, personnellement, j’adore la musique.
Blackkklansman - J'ai Infiltré le Ku Klux Klan
Dans un autre registre, ce film de Spike Lee, se déroulant en 1978, raconte l’infiltration du KKK par deux policiers, un afro-américain (John David Washington) et un juif (Adam Driver), en prévision d’une guerre raciale imminente. Confronté à la propagande raciste, antisémite, homophobe, les deux infiltrés vont tenter d’arrêter le KKK, mais est ce vraiment possible ? Plus tourné vers le racisme omniprésent depuis longtemps, ce film n’est pas vraiment hors sujet dans cette liste, montrant comment les gens peuvent se faire laver le cerveau par les stéréotypes et la peur.
La vie des autres
En 1984, à Berlin-Est, un officier de la Stasi, la police communiste, est missionné pour enquêter sur un dramaturge et sa femme, soupçonné d’être déloyal envers le régime communiste. Bien vite, le policier, pourtant intransigeant et dévoué envers le régime, se liera d’amitié avec le dramaturge et se retrouvera dans un dilemme moral entre son dévouement pour le système et les doutes sur ses convictions personnelles. Ce film allemand montre la vie dans Berlin-Est pendant la Guerre froide et sous le régime communiste. Il pose des questions sur les convictions, sur le fait de suivre aveuglément le régime ou de résister avec des conséquences néfastes. Vaut-il mieux croire aveuglément ses supérieurs ou s’y opposer mais se retrouver ostracisé voire emprisonné et tué ?
1984
Est ce que j’ai vraiment besoin de vous présenter l’histoire de 1984 ? Tiré du roman de George Orwell, ce film se passe en… 1984 dans une société où les moindres faits et gestes, mais aussi les pensées sont controlées. Winston Smith (John Hurt), membre du parti, commet un crime en tombant amoureux… Réalisé par Michael Radford, cette adaptation reste fidèle au roman, mêmes si personnellement je préfère la version écrite.
Good Bye Lenin
Retour en Allemagne de l’Est. En 1989, Christiane, femme dévouée au régime communiste, fait un infarctus et tombe dans le coma. Elle ne se réveille qu’en 1990 quand le mur est tombé et la RDA disparue. Son fils, interprété par Daniel Bruhl, pour éviter d’imposer à sa mère un changement brutal, va persister à récréer cette époque révolue dans les moindre détails. Ce film a comme sujet principal la tromperie et le mensonge, et au final inflige au spectateur une certaine sympathie pour ces menteurs chroniques mais aussi pour cette époque de la RDA qui revient avec une certaine nostalgique comme si tout n’était pas si noir…
V pour Vendetta
Dans un monde post-apocalyptique, l’Angleterre est dirigé par un régime fasciste. S’opposant à ce régime, un mystérieux resistant du nom de V (Hugo Weaving)… Contredisant toute la propagande du régime, il veut y mettre fin tout en évitant d’être arrêté… Ce film est la rencontre entre Guy Fawkes et l’Allemagne Nazie. Un film culte qui montre les dérives du fascisme. A noter pour l’anecdote que John Hurt joue ici le chef du régime fasciste, s’opposant à son role de « resistant » dans le film 1984.
The Dictator
Revenons à un registre beaucoup plus léger et comique avec ce film de Sacha Baron Cohen, qui joue le rôle d’un dictateur d’un pays africain, antisémite, anti-écologiste, misogyne, autoritaire, fantasque… En déplacement aux Etats-Unis, il est victime d’un complot visant à le remplacer, il est donc obligé de survivre de façon incognito avec ses propres opposants. Mais chasser le naturel et il revient au galop… Une comédie se moquant allègrement des dictateurs et de leur incapacité à changer…
The Circle
On s’éloigne peut être un peu de la propagande, mais dans ce film, une jeune femme, jouée par Emma Watson, travaille pour le plus grand groupe technologique du monde. Grimpant les échelons, elle va être choisie pour être filmée en permanence, influençant le monde entier, en essayant de représenter au mieux la marque et la vie « parfaite ». Ce film pose des questions sur l’éthique, la vie privée mais aussi le fait que notre vie soit régie par des groupes industriels.
Brazil
Dans un futur bureaucrate totalitaire, un homme est arrêté et tué par erreur. Un bureaucrate de bas étage (Jonathan Pryce) va tout tenter pour réparer cette injustice quitte à défier le système. Inspiré de 1984, et d’autres « vrais » films de propagande, ce film a acquis le statut de film culte pour son ambiance, sa distribution et sa technique cinématographique.
Bonus: THX 1138
Le premier film de George Lucas raconte l’histoire d’un homme et d’une femme, vivant dans un monde souterrain, surveillés par une myriade d'écrans et de robots, dans un État totalitaire régulant les passions humaines à coups de tranquillisants. La encore basé sur 1984, ce film a un univers bien à lui et pose les bases de ce que deviendra la science-fiction des années 70-80 et deviendra un film culte aux maintes références dans d’autres oeuvres cinématographiques, littéraires et musicales.