Game of Slyther : épisode I
Par Selene le 15 nov. 2012, 19h24 - VIPère #19 - Lien permanent
Game of Slyther
Épisode I : Lirsey Lannister
Lirsey se promenait dans les couloirs de Winterfell, presque indifférente au tapage qui l'entourait. Ce pays de rustres était trop froid pour elle, et leurs hôtes, ces paysans arriérés de Stark, ne lui plaisaient pas. Alors qu'elle errait, son regard tomba sur une tapisserie où étaient représentées les différentes familles de Westeros :
Maison des Stark
Emblème : loup-garou.
Cette famille ici règne et ce depuis des siècles, par la force aujourd'hui de Nedragon Stark.
Maison des Lannister
Emblème : basilic
Sang royal par Joffer et Lirsey, sang doré par la fortune.
Maison des Baratheon
Emblème : Cerf
Sang royal entre tous.
Maison des Tully
Emblème : Strangulot
Par Ellyn jadis Tully, la paix règne en ce lieu.
Lirsey poursuivit son chemin, plutôt satisfaite de figurer sur ces murs malgré leur austérité. Elle allait rejoindre Jailan quand, au détour d'un couloir, elle le vit en compagnie de Silwenn Stark. Silwenn, cette écervelée plus rousse que le Diable ! Une rousse !
Son frère avait le sourire facile, et une main dans celle de la jeune fille. Jailan.. Le traître, l'infidèle, pensa t'elle immédiatement.
Aussitôt sa décision fut prise. La famille Stark pourrait bientôt rayer un membre sur sa charmante tapisserie.
~
Quelques temps plus tard, elle rejoignit son amant à la lisière de la forêt, en quête d'une explication.
- La jalousie t'étouffe, dit il avant qu'elle n'ouvre la bouche.
- Ces chiens mouillés m'insupportent, grinça t'elle. Ne t'approche pas de Silwenn Stark... je pourrais la faire tuer.
Un sourire naquit sur les lèvres de Jailan, et leur entrevue s'acheva sur un baiser.
~
Le banquet était très certainement fastueux, pour ces miséreux du Nord, mais Lirsey le trouvait d'une pauvreté navrante. Les rires gras des hommes résonnaient dans la salle glaciale qu'un feu ne réchauffait pas, la petite Aryanne courait et renversait tout sur son passage, quand le bâtard Ten Snow était relégué à l'écurie et tenait compagnie à son nabot de frère.
Son nabot de frère... Elle soupçonnait Tyrius d'une nouvelle tromperie, quelle qu'elle soit. Mais son esprit était occupé à autre chose.
Jailan contait impunément fleurette à la rouquine hideuse, exactement en face de Lirsey. Un air de parfait mépris s'attacha à ses traits, et elle attendit un moment de cohue, la main sur une fiole.
Dans le froid du Nord, une discussion se tramait, beaucoup moins inquiétante qu'à l'intérieur. Tyrius et Ten Snow parlait de son avenir dans la Garde de Nuit.
- Il te faudra peut être ceci, un jour, disait le nain.
Il lui tendit une fiole de poison - identique à celle que possédait sa soeur. Le jeune homme la reçut sans sourciller - il trouvait cet homme, affligé d'un si grand handicap, d'une finesse remarquable.
Tyrius lui sourit, et partit, le laissant seule avec ses projets.
~
- Par les Sept !
Le cri d'Ellyn Stark retentit dans la pièce bruyante comme un départ de feu ; comme lui il fit taire toutes les conversations, le silence fut plus complet que jamais et comme un incendie, juste après ce silence, le tumulte revint avec une violence décuplée.
Ellyn se pencha sur le corps de sa fille, joignant ses cris à ceux de l'assemblée. Silwenn s'était éteinte soudainement, en buvant son vin.
Jailan et Lirsey, toujours assis à la table vide de convives, trinquaient ensemble.
~
- Debout ! Debout, fainéant ! Tu dois partir à l'aube.
Nedragon pressait ainsi son fils, Ten Snow. Le futur "corbeau" se devait de s'en aller dès maintenant ; il grogna et prit son manteau, laissant choir la fiole que Tyrius lui avait donnée.
Le regard de son père devint de glace.
- Qu'as tu fait ?!
Ten le fixa avec une surprise totale. Ayant dormi la moitié du banquet, il ne savait pas que sa soeur était morte ...
- Fuis. Fuis, dès maintenant, toi que l'honneur aurait pu sauver...
Et Nedragon jeta au visage de son fils ses maigres affaires, le poussant presque sur son cheval, le forçant à galoper loin de Winterfell.
Son fils avait tué sa fille... Le trouble nouait ses entrailles.