Le Petit Guide de Poche du Cannibalisme

L’été est enfin terminé. Les gens, oublieux de leurs précédentes préoccupations esthétiques, vont très vite recommencer à s’empiffrer. Les elfes de maison vont encore trimer dans les cuisines, là où ils doivent être. N’est-ce pas un contexte merveilleux pour lancer une nouvelle mode gastronomique ?
En effet, dans un but de renouveau tant artistique que gustatif, et afin de contrer la mode ascendante et nauséabonde du « tofumé », lançons donc le cannibalisme.

A l’inverse de cette tendance dite « cruelty free » où les seules espèces vivantes à souffrir sont le soja, dont on fait un pâté compact, le bois pour faire le feu et la personne qui doit ingérer le produit fini, le cannibalisme veut que tout ce qui existe et possède un système nerveux prenne cher. Très cher. Par ailleurs, on admettra sans hésiter que parmi les qualités inhérentes à Serpentard figure en bonne place la capacité d’adaptation – or, le présent contexte se révèle particulièrement hostile aux membres de la maison de Salazar, et le besoin de s'adapter se fait pressant. C’est vrai, quoi, même chez les moldus on se met à déprécier l’ambition ! Il est de plus en plus difficile d’être pleinement Vert et Argent aux yeux d’une société qui tend vers la molle compassion, et d’assumer ces « tares » que nous faisons atouts, à l'encontre de l'hypocrisie générale.

Aussi la solution s’impose-t-elle naturellement : le cannibalisme. Une occasion comme une autre de relancer l’économie en changeant tous nos bouquins de cuisine, et d’endiguer l’atroce douceur extatique de l’état d’esprit actuel. Bouffons des gens, puisqu’il faut en arriver là !

Mais tu vas me dire, jeune lecteur vierge de chair humaine, comment cuire un mollet sans risques ? Avec quoi déguster son civet d'épaule, quel vin peut bien accompagner une soupe de narines ? Le Petit Guide de Poche du Cannibalisme est bien sûr là pour répondre à de telles questions – avec un bonus de sept lignes sur l’éthique et l’épanouissement social de vos pratiques alimentaires !

Voici un extrait de cet essentiel culinaire :

Recette n°66 – poêlée de phalanges

Difficulté
2/5

Ingrédients
- Phalanges humaines
- Poivrons
- Ongles humains
- Oignons
- Ail
- Basilic, persil
- Lait de mandragore
- Huile de géranium dentu

Préparation

Sorcier, sorcière, une poêlée de phalanges n’est jamais à prendre à la légère. Il faut tout d’abord trouver les bonnes phalanges. Comment déterminer la saveur des phalanges d’un individu d’un simple regard ? Rien de plus simple ! Analysez d’abord le diamètre des doigts : s’il est conséquent, il y a des grandes chances pour que la main de cette personne soit votre prochain repas. Intéressez-vous ensuite à la peau, d’une importance capitale ; en effet, il vous faudra dénicher une peau douce et tendre, afin qu’elle fonde dans la bouche.
Remarque : évitez les doigts poilus. Personne n’aime s’adonner à la nécro-épilation.

Une fois votre denrée sous la main (ha ! ha !) vient l’étape fort délicate du découpage. Selon la corpulence, la puissance et la jugeote de votre plat de résistance, faites-vous aider de quelques amis ou elfes de maison (à ce sujet, si quelqu'un peut m'expliquer la différence en MP...). Une immobilisation complète est requise si vous ne voulez pas que ça gicle dans tous les sens... Et surtout, munissez-vous d’un scalpel, d’une pince à long bec et – sait-on jamais – d’une pince à épiler. Vous pourrez ainsi procéder à l’extraction des ongles, puis l’incision bien nette des phalanges à la base de la paume. Coupez les doigts en fines lamelles, en faisant bien attention à ne pas déraper sur l’os.
Remarque : fonctionne également avec le sortilège Diffindo.

Passez ensuite à la préparation de la sauce : pilez les ongles (après les avoir nettoyés, enfin, je suppose, je ne remets pas en cause vos inclinations évidemment) avec des oignons, de l’ail, du basilic et du persil. Versez le lait de mandragore sur le mélange susdit : vous devriez obtenir un liquide vert-de-gris et un peu fumant.
Remarque : si la mixture vire au fuchsia, contentez-vous de partir en courant.

Il vous faudra finalement faire chauffer une poêle avec de l’huile de géranium dentu, y ajouter les lamelles de phalanges, puis les poivrons une fois la viande un peu dorée. Attendez que les poivrons soient cuits.
Salez, poivrez, servez, et ajoutez la sauce !

[Le Petit Guide de Poche du Cannibalisme ne peut être tenu responsable de vos intoxications alimentaires]


Rédigé et illustré par Selene Sambre

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