Les Aventuriers de la mer
Par Aidan_Dynamite le 15 janv. 2019, 12h07 - VIPère #92 - Lien permanent

Dans la vie, rien n’est blanc ou noir. Il n’y a pas des victimes et des coupables. Des bonnes choses et des mauvaises choses. Des personnes bien et des personnes mauvaises. Voici un bon exemple de lecture non binaire.
Les Aventuriers de la mer est une saga fantastique en neuf tomes écrite par Robin Hobb et qui se déroule dans le même univers que sa très célèbre série l’Assassin Royal. Terrilville est une ville portuaire de marchands dont la prospérité repose sur le commerce par bateau avec les autres régions du pays. Le récit suit les membres de la famille Vestrit, dont le destin bascule du jour au lendemain avec la mort du chef de famille. Partage de l’héritage du navire familial, mauvaise fortune en commerce, expéditions hasardeuses, incidents diplomatiques, amourette déplacée, alliance et perfidie … Le monde ne s’est pas simplement contenté de suivre le chemin le plus simple.
Au-delà du récit passionnant et de l’univers très immersif dans lequel nous plonge l’auteur, la vraie richesse de ce roman réside dans la construction des personnages.
Malta est une petite fille pourrie gâtée qui ne recule devant aucune tromperie pour obtenir ce qu’elle veut, mais il s’agit en fait d’une jeune fille naïve qui ignorait les conséquences de ses actes.
Kyle est un personnage odieux et égocentrique qu’on déteste très rapidement alors que de son point de vue, il sauve simplement sa famille de la ruine de la meilleure façon possible.
Kennit est un pirate malicieux dont le but est de devenir « subtilement » roi. Ambitieux, extrêmement séducteur, on aime cette personne charmante et charismatique alors qu’on connaît ses intentions profondes qui ne sont pas bonnes.
Sérille est une jeune femme de très bonne éducation à qui il va arriver un très grand malheur. Après cela, elle ne sera plus la même personne, appelée à manipuler pour obtenir ce qu’elle veut, devenue ambitieuse, prétentieuse et exigeante en pensant que son passé justifie son attitude.
Plus on avance dans le récit, plus les personnages deviennent complexes et leurs histoires alambiquées. Il est très difficile de trouver une seule opinion sur un seul personnage car tous les points de vue se valent. Le grand méchant pirate qui brutalise des navires marchands est en fait un sauveur d’esclaves … Rien n’est simple. Les ténèbres sont en chacun d’entre nous mais nous pouvons tous voir la lumière.
Si je vous parle de ce roman, c’est parce que sa lecture est une vraie analogie à l’histoire de Serpentard. En tant que membre de cette ancestrale maison, ils nous incombent de respecter son univers et ses valeurs. Pourtant, nous ne sommes pas obligés d’être binaire. La construction d’un personnage est un processus laborieux dont il faut éviter de justifier le caractère « parce que c’est un Serpentard ». Nous ne sommes pas nés avec l’envie de baffer des Poufsouffle. A priori. Il faut savoir trouver les qualités de chacun et exploiter ses défauts pour créer quelque chose de complexe à partir de quoi les membres de Poudlard12 pourront se créer leur propre opinion, pas celle que vous avez voulue leur donner. « J’aime tout le monde » VS « j’aime personne » est un modèle qui ne devrait plus se vendre actuellement.
Je vous recommande vraiment la lecture de cette série qui vous ouvrira les yeux sur l’ambivalence de l’âme humaine mais également sur la tolérance que nous devons apporter à notre regard sur les autres car nous n’avons jamais toutes les clés d’une histoire contrairement à ce qu’on croit. Après tout, un personnage ne nous donne que les clés qu’il veut partager. Mais que sont les autres ? Combien sont-elles ? Et que représentent ces cases manquantes d’un passé que nous ignorons ?
Et vous, quel est votre degré de complexité ?


Commentaires
je suis bien tentée de lire ça ! merci Jawn ;)
C'est sympa de nous faire découvrir des livres comme ça !