Hommage à Jean-David Quatorze
Par Evalia le 15 oct. 2014, 14h52 - VIPère #43 - Lien permanent
Rendons à Salazar ce qui est à Salazar : de tout temps, le vert et
argent fut classieux. Des siècles durant, les élèves de notre maison ont
porté haut nos valeurs et nos idées, embellissant un monde qui en avait
bien besoin, agrémentant l'existence de tout un chacun grâce à leur
présence envoûtante. Ce soir cependant (ou ce matin, si vous lisez ça ce
matin), il en est un parmi eux auquel je souhaiterais rendre un vibrant
hommage. Cet homme, c'est Jean-David Quatorze.
Jean-David Quatorze est né un vendredi à 07h55, comme moi. Cet étonnant
bambin vécut une enfance heureuse dans les prairies verdoyantes du
Lancashire, entre troupeaux de chèvres et cadavres de gnomes, que sa
délicieuse Maman aimait à massacrer dans le vaste jardin familial.
Jean-David fut précoce : alors que la magie se manifeste d'ordinaire au
cours de la septième année d'un individu, ce fut à l'âge de trois ans
que Jean-David produisit son premier acte magique, en faisant léviter
une hache qui alla s'abattre sur le bras gauche d'un fermier moldu
quelques kilomètres plus loin. Ses parents étaient fous de joie.
Jean-David fut admis à Poudlard, puis à Serpentard, et sa scolarité fut
brillante.
A 18 ans, ses ASPICs en poche, il entama un stage de quelques mois au
sein du Ministère de la Magie. Mais cette vie de routine l'ennuyait.
Jean-David aspirait à la liberté et aux grands espaces, et ce fut sans
grande surprise que ses collègues apprirent un jour qu'il avait quitté
l'Angleterre. Nul ne sait précisément quel fut le périple du jeune
homme. Certains disent qu'il vécut un temps parmi les Indiens chinois
des Malouines, d'autres que c'est dans le Grand Ouest américain qu'on le
voyait parfois, en compagnie de magnifiques Abraxans sauvages. Il
revint en Angleterre quelques années plus tard pour se rendre au chevet
de sa mère mourante, et finalement n'en partit plus. Ce fut Jean-David
Quatorze qui créa chez lui, sur le terrain familial, le tout premier
jardin zoologique magique. Des sorciers du monde entier venaient admirer
sa collection de créatures, locales aussi bien qu'exotiques, et il se
bâtit rapidement une solide réputation. Il fut malheureusement arrêté,
un beau soir de juillet, et envoyé à Azkaban sans aucune forme de procès
: une enquête sans précédent de la Brigade Magique avait en effet mis à
jour une vaste opération de combats de gnomes, et leurs pistes les
avaient menés à Jean-David Quatorze.
Jean-David mourut dans sa cellule à l'âge de 71 ans, attendant toujours
que son procès ait lieu, et non sans avoir tenté d'apprivoiser un
Détraqueur. « J'ai toujours rêvé d'en avoir un dans mon zoo »,
déclara-t-il peu avant son décès à un journal local. Aujourd'hui, et en
dépit de la guerre que mène sans relâche contre eux la Brigade Magique,
de nombreux sorciers perpétuent la tradition des combats de gnomes.
J'aime à croire qu'une petite partie de Jean-David Quatorze continue
d'exister à travers eux. J'aime à croire que ce petit garçon qui riait
aux éclats pendant que sa mère égorgeait des gnomes a pu garder une
place de choix dans la mémoire collective. J'aime à le croire. Il le
mérite.
Rédigé par Aiden Graham
Illustré par Évalia