Serpentard en société : Les réunions moldues.
Par Evalia le 15 oct. 2014, 14h26 - VIPère #43 - Lien permanent

Serpentard, dit-on, n'est plus désormais le bastion de Sang-Purs que
nous avons jadis connu. Notre hostilité ouverte envers les Moldus s'est
transformée pour certains en une sorte d'indifférence polie, quoique
toujours teintée de ce léger sarcasme qui fait notre charme. Beaucoup
d'entre nous comptent des Moldus au sein même de leur famille, et les
côtoient donc à de nombreuses occasions : je pense notamment aux repas
de famille, Noël, enterrements et Bar Mitzvah. Mes grands-parents
paternels étant dépourvus de toute magie, j'ai dû pendant mon enfance
troquer à de nombreuses reprises mes atours sorciers contre salopettes,
pull-over et autres vestes en tweed pour paraître « normal » aux yeux de
mes aïeuls.
J'ai toujours été tiraillé entre cette fierté d'être sorcier, unique et
puissant, qui me poussait à mépriser le monde moldu, et cet amour filial
contre lequel je ne pouvais pas lutter. Il m'a donc fallu apprendre à
évoluer le long de ce fil ténu, en un équilibre précaire, afin d'éviter
de sombrer dans une folle schizophrénie. Voici donc quelques conseils
issus de mon expérience :
Rester soi-même.
C'est sans doute la règle d'or, devant être appliquée en toute
circonstance. Vous avez votre propre vécu, votre propre histoire, et
atterrir dans un monde aux antipodes du vôtre ne doit pas vous faire
vous remettre en question. N'hésitez pas à vous affirmer tel que vous
êtes et à aller au devant de vos peurs.
Comment rester soi-même à Noël, quand on doit porter un pull en laine à l'effigie de Rudolphe le renne au nez rouge ?
Certaines circonstances sont en effet plus délicates que d'autres à
gérer. Vous venez de troquer votre superbe robe de sorcier d'un noir
d'ébène contre un vague torchon de laine tricoté par mamie. Respirez
profondément. Pensez à l'avenir, à vos rêves, à vos espoirs. Ce n'est
qu'un mauvais moment à passer. Si la brûlure de la honte est trop
importante, passez en revue le nombre incalculable d'imbéciles que vous
croisez tout au long de vos journées, et choisissez soigneusement celui
auquel vous allez faire cadeau de cette horreur.
Quid des cousins cracmols qui piaillent en matant des Disney ?
Tout d'abord, nous allons bannir le mot « Quid » de notre vocabulaire.
Ce mot est d'une laideur abjecte, et seuls quelques sombres crétins
snobinards à moustache osent encore l'employer. C'est tellement laid que
même un elfe de maison désobéirait volontairement à son maître pour
aller déféquer dessus. C'est tellement laid que j'ai oublié ce que je
voulais dire... ah oui, les cousins cracmols. Et bien, cette question
nous emmène directement au point que je voulais développer ci-après :
S'entraîner à viser :
Lors d'une réunion de Moldus, il est d'usage courant de se pinter la
face à coup d'alcools grossiers. Généralement, c'est lorque Tonton
entame la cinquième bouteille de rouge qu'il est temps de passer à
l'action. Votre patience et votre maîtrise de soi va enfin être
récompensée. Saisissez-vous de tout objet susceptible de devenir un
projectile (choisissez de préférence des objets anodins et peu
dangereux, pour faire mal sans réellement blesser), et caillassez
allègrement la marmaille. Cette lapidation procure une allégresse
inégalable, et vous permettra de calmer vos nerfs en attendant le retour
à la maison. Si le rouge est assez bon, le temps de réaction des
adultes sera considérablement amoindri et vous laissera une marge
d'action très large.
La société moldue élabore ses propres règles, et peut parfois vous
donner le sentiment d'être impuissant. Plus que jamais en ces
circonstances, nous devons user de notre ruse et notre intelligence pour
saper ces règles avec subtilité, et ainsi assoir notre suprématie.
Apprendre, observer, tenter. Trois ingrédients qui peuvent faire des
Noëls moldus de purs moments d'allégresse.
Rédigé par Aiden Graham
Illustré par Elenwe