Serpentard en société : Les réunions moldues.

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Serpentard, dit-on, n'est plus désormais le bastion de Sang-Purs que nous avons jadis connu. Notre hostilité ouverte envers les Moldus s'est transformée pour certains en une sorte d'indifférence polie, quoique toujours teintée de ce léger sarcasme qui fait notre charme. Beaucoup d'entre nous comptent des Moldus au sein même de leur famille, et les côtoient donc à de nombreuses occasions : je pense notamment aux repas de famille, Noël, enterrements et Bar Mitzvah. Mes grands-parents paternels étant dépourvus de toute magie, j'ai dû pendant mon enfance troquer à de nombreuses reprises mes atours sorciers contre salopettes, pull-over et autres vestes en tweed pour paraître « normal » aux yeux de mes aïeuls.
J'ai toujours été tiraillé entre cette fierté d'être sorcier, unique et puissant, qui me poussait à mépriser le monde moldu, et cet amour filial contre lequel je ne pouvais pas lutter. Il m'a donc fallu apprendre à évoluer le long de ce fil ténu, en un équilibre précaire, afin d'éviter de sombrer dans une folle schizophrénie. Voici donc quelques conseils issus de mon expérience :

Rester soi-même.
C'est sans doute la règle d'or, devant être appliquée en toute circonstance. Vous avez votre propre vécu, votre propre histoire, et atterrir dans un monde aux antipodes du vôtre ne doit pas vous faire vous remettre en question. N'hésitez pas à vous affirmer tel que vous êtes et à aller au devant de vos peurs.


Comment rester soi-même à Noël, quand on doit porter un pull en laine à l'effigie de Rudolphe le renne au nez rouge ?
Certaines circonstances sont en effet plus délicates que d'autres à gérer. Vous venez de troquer votre superbe robe de sorcier d'un noir d'ébène contre un vague torchon de laine tricoté par mamie. Respirez profondément. Pensez à l'avenir, à vos rêves, à vos espoirs. Ce n'est qu'un mauvais moment à passer. Si la brûlure de la honte est trop importante, passez en revue le nombre incalculable d'imbéciles que vous croisez tout au long de vos journées, et choisissez soigneusement celui auquel vous allez faire cadeau de cette horreur.


Quid des cousins cracmols qui piaillent en matant des Disney ?
Tout d'abord, nous allons bannir le mot « Quid » de notre vocabulaire. Ce mot est d'une laideur abjecte, et seuls quelques sombres crétins snobinards à moustache osent encore l'employer. C'est tellement laid que même un elfe de maison désobéirait volontairement à son maître pour aller déféquer dessus. C'est tellement laid que j'ai oublié ce que je voulais dire... ah oui, les cousins cracmols. Et bien, cette question nous emmène directement au point que je voulais développer ci-après :


S'entraîner à viser :
Lors d'une réunion de Moldus, il est d'usage courant de se pinter la face à coup d'alcools grossiers. Généralement, c'est lorque Tonton entame la cinquième bouteille de rouge qu'il est temps de passer à l'action. Votre patience et votre maîtrise de soi va enfin être récompensée. Saisissez-vous de tout objet susceptible de devenir un projectile (choisissez de préférence des objets anodins et peu dangereux, pour faire mal sans réellement blesser), et caillassez allègrement la marmaille. Cette lapidation procure une allégresse inégalable, et vous permettra de calmer vos nerfs en attendant le retour à la maison. Si le rouge est assez bon, le temps de réaction des adultes sera considérablement amoindri et vous laissera une marge d'action très large.


La société moldue élabore ses propres règles, et peut parfois vous donner le sentiment d'être impuissant. Plus que jamais en ces circonstances, nous devons user de notre ruse et notre intelligence pour saper ces règles avec subtilité, et ainsi assoir notre suprématie. Apprendre, observer, tenter. Trois ingrédients qui peuvent faire des Noëls moldus de purs moments d'allégresse.

Rédigé par Aiden Graham

Illustré par Elenwe

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